Limits...
[Unilateral bullous and purpuric lesions: skin pathomimicry].

Zinoun M, Chiheb S, Marnissi F, Kadiri N, Benchikhi H - Pan Afr Med J (2015)

View Article: PubMed Central - PubMed

Affiliation: Service de Dermatologie-Vénéréologie, Centre Hospitalier Universitaire Ibn Rochd, Casablanca, Maroc.

ABSTRACT

La pathomimie cutanée est une forme particulière de troubles factices relativement rare, et constitue l'un des problèmes les plus complexes pour le dermatologue. Nous rapportons un cas de pathomimie révélée par des lésions cutanées unilatérales, mimant une brûlure. Une jeune femme de 27 ans, était suivie depuis 4 ans pour une dépression. Elle a présenté 15j avant sa 1ère hospitalisation un placard inflammatoire du sein gauche compliqué de lésions bulleuses et d’érosions superficielles. La biopsie cutanée avait montré une dermite non spécifique. Une cicatrisation rapide sous traitement local a été notée. Elle a présenté 10 jours plus tard de nouvelles lésions similaires étagées au membre inférieur gauche, évoluant vers le décollement bulleux spontané. La biopsie cutanée avait montré un décollement bulleux jonctionnel et des foyers de nécrose ischémique. L'IFD était négative. Devant les données anamnestiques, cliniques, la négativité du bilan paraclinique, et la guérison des lésions sous pansements occlusifs seuls, le diagnostic de pathomimie a été évoqué et retenu. La patiente a été adressée en psychiatrie où une thérapie cognitivo-comportementale a été préconisée. Notre observation correspond à un tableau de pathomimie de présentation clinique particulière par sa localisation unilatérale et son caractère bulleux. Chez notre patiente qui est droitière, la localisation unilatérale gauche sur des zones accessibles, l'absence de lésions spécifiques à l'examen histologique, la cicatrisation rapide des lésions sous traitement local occlusif seul et leur récurrence malgré des soins adaptés étaient en faveur d'une pathologie factice. Néanmoins, la localisation au niveau des seins peut être très déroutante. Le caractère bulleux des lésions dans le cadre d'une pathomimie a été rarement rapporté. Dans notre cas, la pathomimie s'associe à des troubles anxieux et dépressifs très importants. Leur prise en charge demande un investissement pluridisciplinaire le plus précoce possible. La prise en charge des pathomimies est complexe. Le traitement médical associé à une prise en charge psychologique de type thérapie cognitivo-comportementale, qui est une première expérience, peut aider cette patiente à contrôler son comportement et éviter les récidives qui sont fréquentes dans ce type de pathologie.

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Remarquer l'atteinte unilatérale gauche des lésions
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Figure 0003: Remarquer l'atteinte unilatérale gauche des lésions

Mentions: Les diagnostics évoqués étaient: un érysipèle bulleux, une mastite carcinomateuse, un érythème pigmenté fixe bulleux. Le bilan biologique n'avait pas retrouvé de syndrome inflammatoire, ni d'hyperleucocytose. Les prélèvements bactériologiques et mycologiques étaient stériles. La biopsie cutanée avait montré une dermite non spécifique. L’échographie mammaire était sans anomalies. La prolactinémie était normale. L’évolution a été marquée par la cicatrisation complète et rapide sous traitement local et antibiothérapie orale. La patiente a été réhospitalisée 10 jours plus tard pour l'apparition de nouvelles lésions étagées au membre inférieur gauche (cuisse et mollet), à type de plaques linéaires et à limites géométriques érythémato-violacées et purpuriques d'environ 15 cm de diamètre, évoluant vers le décollement bulleux spontané (Figure 2, Figure 3, Figure 4), associées à une érosion post-bulleuse du sein gauche (Figure 5) et à des lésions dyschromiques cicatricielles (Figure 6, Figure 7). Des cicatrices linéaires hypochromiques bilatérales des avant-bras et des poignets ont été constatées, probablement en rapport avec une automutilation. Le reste de l'examen était sans particularités. Le bilan biologique n'avait pas retrouvé de syndrome inflammatoire. Les sérologies virales (B, C, VIH) étaient négatives. Le cytodiagnostic de Tzanck n'avait pas objectivé de cellules acantholytiques ou ballonisantes. La biopsie cutanée avait montré un décollement bulleux jonctionnel, des foyers de nécrose ischémique siègeant au niveau du toit avec présence de cellules kératinocytaires apoptotiques. Cet aspect morphologique avec la négativité de l'IFD faisait discuter un érythème pigmenté fixe ou une dermite de contact. L’évolution était marquée par une cicatrisation rapide de toutes les lésions sous traitement local uniquement et un antihistaminique de 1ère génération, sans apparition d'autres lésions au cours de son hospitalisation. Par ailleurs, l'interrogatoire avait révélé un milieu familial conflictuel avec des troubles du sommeil, une asthénie importante, une anxiété et une grande fragilité émotionnelle à l’évocation du décès de son père. Devant les données cliniques, la négativité du bilan paraclinique, les données de l'interrogatoire, la guérison des lésions sous pansements occlusifs seuls, le diagnostic de pathomimie a été évoqué et retenu. Devant le contexte de dépression, la patiente a été adressée en psychiatrie où ce diagnostic a été confirmé et la patiente a été mise sous antidépresseurs. Le caractère récurrent de cette pathologie nous a fait opté pour une thérapie cognitivo-comportementale pour éviter les récidives. Cependant, notre patiente a été perdue de vue et n'a pas continué le suivi psychiatrique.


[Unilateral bullous and purpuric lesions: skin pathomimicry].

Zinoun M, Chiheb S, Marnissi F, Kadiri N, Benchikhi H - Pan Afr Med J (2015)

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Mentions: Les diagnostics évoqués étaient: un érysipèle bulleux, une mastite carcinomateuse, un érythème pigmenté fixe bulleux. Le bilan biologique n'avait pas retrouvé de syndrome inflammatoire, ni d'hyperleucocytose. Les prélèvements bactériologiques et mycologiques étaient stériles. La biopsie cutanée avait montré une dermite non spécifique. L’échographie mammaire était sans anomalies. La prolactinémie était normale. L’évolution a été marquée par la cicatrisation complète et rapide sous traitement local et antibiothérapie orale. La patiente a été réhospitalisée 10 jours plus tard pour l'apparition de nouvelles lésions étagées au membre inférieur gauche (cuisse et mollet), à type de plaques linéaires et à limites géométriques érythémato-violacées et purpuriques d'environ 15 cm de diamètre, évoluant vers le décollement bulleux spontané (Figure 2, Figure 3, Figure 4), associées à une érosion post-bulleuse du sein gauche (Figure 5) et à des lésions dyschromiques cicatricielles (Figure 6, Figure 7). Des cicatrices linéaires hypochromiques bilatérales des avant-bras et des poignets ont été constatées, probablement en rapport avec une automutilation. Le reste de l'examen était sans particularités. Le bilan biologique n'avait pas retrouvé de syndrome inflammatoire. Les sérologies virales (B, C, VIH) étaient négatives. Le cytodiagnostic de Tzanck n'avait pas objectivé de cellules acantholytiques ou ballonisantes. La biopsie cutanée avait montré un décollement bulleux jonctionnel, des foyers de nécrose ischémique siègeant au niveau du toit avec présence de cellules kératinocytaires apoptotiques. Cet aspect morphologique avec la négativité de l'IFD faisait discuter un érythème pigmenté fixe ou une dermite de contact. L’évolution était marquée par une cicatrisation rapide de toutes les lésions sous traitement local uniquement et un antihistaminique de 1ère génération, sans apparition d'autres lésions au cours de son hospitalisation. Par ailleurs, l'interrogatoire avait révélé un milieu familial conflictuel avec des troubles du sommeil, une asthénie importante, une anxiété et une grande fragilité émotionnelle à l’évocation du décès de son père. Devant les données cliniques, la négativité du bilan paraclinique, les données de l'interrogatoire, la guérison des lésions sous pansements occlusifs seuls, le diagnostic de pathomimie a été évoqué et retenu. Devant le contexte de dépression, la patiente a été adressée en psychiatrie où ce diagnostic a été confirmé et la patiente a été mise sous antidépresseurs. Le caractère récurrent de cette pathologie nous a fait opté pour une thérapie cognitivo-comportementale pour éviter les récidives. Cependant, notre patiente a été perdue de vue et n'a pas continué le suivi psychiatrique.

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La pathomimie cutanée est une forme particulière de troubles factices relativement rare, et constitue l'un des problèmes les plus complexes pour le dermatologue. Nous rapportons un cas de pathomimie révélée par des lésions cutanées unilatérales, mimant une brûlure. Une jeune femme de 27 ans, était suivie depuis 4 ans pour une dépression. Elle a présenté 15j avant sa 1ère hospitalisation un placard inflammatoire du sein gauche compliqué de lésions bulleuses et d’érosions superficielles. La biopsie cutanée avait montré une dermite non spécifique. Une cicatrisation rapide sous traitement local a été notée. Elle a présenté 10 jours plus tard de nouvelles lésions similaires étagées au membre inférieur gauche, évoluant vers le décollement bulleux spontané. La biopsie cutanée avait montré un décollement bulleux jonctionnel et des foyers de nécrose ischémique. L'IFD était négative. Devant les données anamnestiques, cliniques, la négativité du bilan paraclinique, et la guérison des lésions sous pansements occlusifs seuls, le diagnostic de pathomimie a été évoqué et retenu. La patiente a été adressée en psychiatrie où une thérapie cognitivo-comportementale a été préconisée. Notre observation correspond à un tableau de pathomimie de présentation clinique particulière par sa localisation unilatérale et son caractère bulleux. Chez notre patiente qui est droitière, la localisation unilatérale gauche sur des zones accessibles, l'absence de lésions spécifiques à l'examen histologique, la cicatrisation rapide des lésions sous traitement local occlusif seul et leur récurrence malgré des soins adaptés étaient en faveur d'une pathologie factice. Néanmoins, la localisation au niveau des seins peut être très déroutante. Le caractère bulleux des lésions dans le cadre d'une pathomimie a été rarement rapporté. Dans notre cas, la pathomimie s'associe à des troubles anxieux et dépressifs très importants. Leur prise en charge demande un investissement pluridisciplinaire le plus précoce possible. La prise en charge des pathomimies est complexe. Le traitement médical associé à une prise en charge psychologique de type thérapie cognitivo-comportementale, qui est une première expérience, peut aider cette patiente à contrôler son comportement et éviter les récidives qui sont fréquentes dans ce type de pathologie.

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