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[Anorectal malignant tumors in the hospital environment in Ouagadougou: epidemiological and diagnostic aspects].

Guingané AN, Sombié RA, Bougouma A - Pan Afr Med J (2014)

View Article: PubMed Central - PubMed

Affiliation: Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo (CHUY-O), Ouagadougou, Burkina Faso.

ABSTRACT

Le but de notre étude était de décrire les caractéristiques épidémiologiques et diagnostiques des tumeurs malignes anorectales en milieu hospitalier à Ouagadougou. Il s'est agi d'une étude rétrospective et transversale qui a concerné les patients vus en endoscopie digestive basse au cours de la période allant du 29/09/1999 au 04/10/2008. À l'aide d'une fiche de collecte, nous avons recueilli, dans 4 structures sanitaires et 3 laboratoires d'anatomie et de cytologie pathologiques de la ville de Ouagadougou, les données à partir des comptes-rendus d'endoscopie digestive basse et des registres d'anatomie et de cytologie pathologiques. Durant la période de notre étude, 645 patients ont été examinés en anorectoscopie et 882 cas d'affections anorectales colligés. Les tumeurs malignes anorectales avec 61 cas (6,9%) occupaient la quatrième place après la maladie hémorroïdaire (45,6%), les anites (21,1%) et les fissures (13,9%). Elles regroupaient les cancers du rectum (4,2%) et les cancers de l'anus (2,7%). Vingt cancers anorectaux ont été histologiquement confirmés parmi lesquels l'adénocarcinome était le type histologique le plus retrouvé avec 17 cas. Les tumeurs malignes, quatrième affection anorectale la plus fréquente au cours de notre étude, constituent une préoccupation du fait de leur fréquence croissante, leur diagnostic souvent tardif et les difficultés liées à leur prise en charge surtout dans nos pays avec une population à faible revenu. La sensibilisation de la population et la prescription plus large de l'endoscopie digestive basse devraient permettre une meilleure prise en charge des patients.

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Dysmitose anale vue en endoscopie chez une femme de 53 ans
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Figure 0002: Dysmitose anale vue en endoscopie chez une femme de 53 ans

Mentions: Rappelons que durant la période de notre étude, 61 cas de tumeurs malignes anorectales ont été suspectés à l'endoscopie soit 6,9% des affections anorectales et 20 cancers ont été histologiquement confirmés dont 17 au rectum (Figure 1) et 3 à l'anus (Figure 2). D'autres auteurs en Afrique ont, selon le recrutement, l'aire géographique et la période, rapporté des fréquences variables pour le cancer du rectum: Edino [4] au Nigéria, 50 cas en 4 ans. Padonou [5] au Bénin, 4 cas en 7ans et sani [6] au Niger, 30 cas en 12 ans. Pour le cancer de l'anus: Yassibanda [3], a retrouvé en 5 ans, 13 cas. Le cancer anorectal semble rare au Burkina et cette rareté est aussi observée en Afrique et dans le monde [1, 2, 5, 7–20]. L’âge moyen des patients était de 35 ans (15 et 72 ans). Gassaye [10] à Brazaville, retrouvait un âge moyen: 49 ans (40 et 59 ans). Amegbor [2] au Togo, a observé un âge moyen de 49 ans. Le jeune âge des patients a été trouvé par de nombreux auteurs en Afrique et il variait entre 40 et 53 ans [5, 12, 18, 21]; il serait lié entre autres: à la faible espérance de vie en Afrique et la jeunesse de la population, la présence d'importants facteurs de risque en raison de la pauvreté. Pour les cancers confirmés du rectum, nous avons noté une prédominance du sexe féminin avec 11 femmes (64,7%) pour 6 hommes (35,3%). Le sex-ratio était de 1,83. Sani [6] au Niger retrouvaient par contre une prédominance masculine tout comme la plupart des auteurs[4–6]. Cependant, nous pensons comme beaucoup d'auteurs que le cancer du rectum est indépendant du sexe. Concernant le cancer anal, nous retrouvions deux hommes pour une femme, le sex-ratio était donc de 2. Cette prédominance masculine était également observée dans les études de Gassaye [10], Sani [6]. Dans la littérature, le cancer de l'anus survient généralement chez la femme [19, 22, 23]. Les cadres moyens (28,6%), les femmes au foyer (19%) et les élèves et étudiants (16,7%) étaient les plus représentés. Au sujet du cancer rectal, le bas niveau socio-économique a été noté par de nombreux auteurs car, c'est dans ces milieux que le dénuement financier et l'absence d’éducation à la santé, ne permettent pas la consommation de fruits et légumes qui ont un effet protecteur contre cette affection et favorisent la consommation d'aliments conservés par salaison ou fumaison. Toutefois en Europe, on observe une prédominance au niveau des classes aisées; ceci pourrait s'expliquer par une plus forte consommation de graisse animale dans cette population. Le niveau socio-économique ne semble pas avoir d'influence sur la genèse du cancer de l'anus dans la littérature. L'absence de données sur les antécédents de la majeure partie de nos patients ne nous permet pas de tirer une quelconque conclusion. Toutefois, les affections parasitaires à l'origine de rectocolites inflammatoires chroniques, la faible consommation de fruits et légumes, la consommation de graisses animales, les polypes adénomateux, la polypose adénomateuse familiale, le syndrome HNPCC ou syndrome de Lynch, le tabac, l'alcool, le défaut d'activité physique, les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin constituent les facteurs prédisposants au cancer du rectum [10, 24–30]. Les condylomes, l'homosexualité masculine, le tabac, l'infection par le Papilloma virus et par le VIH sont les facteurs prédisposants au cancer de l'anus[25, 24, 31, 30, 29].


[Anorectal malignant tumors in the hospital environment in Ouagadougou: epidemiological and diagnostic aspects].

Guingané AN, Sombié RA, Bougouma A - Pan Afr Med J (2014)

Dysmitose anale vue en endoscopie chez une femme de 53 ans
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Figure 0002: Dysmitose anale vue en endoscopie chez une femme de 53 ans
Mentions: Rappelons que durant la période de notre étude, 61 cas de tumeurs malignes anorectales ont été suspectés à l'endoscopie soit 6,9% des affections anorectales et 20 cancers ont été histologiquement confirmés dont 17 au rectum (Figure 1) et 3 à l'anus (Figure 2). D'autres auteurs en Afrique ont, selon le recrutement, l'aire géographique et la période, rapporté des fréquences variables pour le cancer du rectum: Edino [4] au Nigéria, 50 cas en 4 ans. Padonou [5] au Bénin, 4 cas en 7ans et sani [6] au Niger, 30 cas en 12 ans. Pour le cancer de l'anus: Yassibanda [3], a retrouvé en 5 ans, 13 cas. Le cancer anorectal semble rare au Burkina et cette rareté est aussi observée en Afrique et dans le monde [1, 2, 5, 7–20]. L’âge moyen des patients était de 35 ans (15 et 72 ans). Gassaye [10] à Brazaville, retrouvait un âge moyen: 49 ans (40 et 59 ans). Amegbor [2] au Togo, a observé un âge moyen de 49 ans. Le jeune âge des patients a été trouvé par de nombreux auteurs en Afrique et il variait entre 40 et 53 ans [5, 12, 18, 21]; il serait lié entre autres: à la faible espérance de vie en Afrique et la jeunesse de la population, la présence d'importants facteurs de risque en raison de la pauvreté. Pour les cancers confirmés du rectum, nous avons noté une prédominance du sexe féminin avec 11 femmes (64,7%) pour 6 hommes (35,3%). Le sex-ratio était de 1,83. Sani [6] au Niger retrouvaient par contre une prédominance masculine tout comme la plupart des auteurs[4–6]. Cependant, nous pensons comme beaucoup d'auteurs que le cancer du rectum est indépendant du sexe. Concernant le cancer anal, nous retrouvions deux hommes pour une femme, le sex-ratio était donc de 2. Cette prédominance masculine était également observée dans les études de Gassaye [10], Sani [6]. Dans la littérature, le cancer de l'anus survient généralement chez la femme [19, 22, 23]. Les cadres moyens (28,6%), les femmes au foyer (19%) et les élèves et étudiants (16,7%) étaient les plus représentés. Au sujet du cancer rectal, le bas niveau socio-économique a été noté par de nombreux auteurs car, c'est dans ces milieux que le dénuement financier et l'absence d’éducation à la santé, ne permettent pas la consommation de fruits et légumes qui ont un effet protecteur contre cette affection et favorisent la consommation d'aliments conservés par salaison ou fumaison. Toutefois en Europe, on observe une prédominance au niveau des classes aisées; ceci pourrait s'expliquer par une plus forte consommation de graisse animale dans cette population. Le niveau socio-économique ne semble pas avoir d'influence sur la genèse du cancer de l'anus dans la littérature. L'absence de données sur les antécédents de la majeure partie de nos patients ne nous permet pas de tirer une quelconque conclusion. Toutefois, les affections parasitaires à l'origine de rectocolites inflammatoires chroniques, la faible consommation de fruits et légumes, la consommation de graisses animales, les polypes adénomateux, la polypose adénomateuse familiale, le syndrome HNPCC ou syndrome de Lynch, le tabac, l'alcool, le défaut d'activité physique, les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin constituent les facteurs prédisposants au cancer du rectum [10, 24–30]. Les condylomes, l'homosexualité masculine, le tabac, l'infection par le Papilloma virus et par le VIH sont les facteurs prédisposants au cancer de l'anus[25, 24, 31, 30, 29].

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Le but de notre étude était de décrire les caractéristiques épidémiologiques et diagnostiques des tumeurs malignes anorectales en milieu hospitalier à Ouagadougou. Il s'est agi d'une étude rétrospective et transversale qui a concerné les patients vus en endoscopie digestive basse au cours de la période allant du 29/09/1999 au 04/10/2008. À l'aide d'une fiche de collecte, nous avons recueilli, dans 4 structures sanitaires et 3 laboratoires d'anatomie et de cytologie pathologiques de la ville de Ouagadougou, les données à partir des comptes-rendus d'endoscopie digestive basse et des registres d'anatomie et de cytologie pathologiques. Durant la période de notre étude, 645 patients ont été examinés en anorectoscopie et 882 cas d'affections anorectales colligés. Les tumeurs malignes anorectales avec 61 cas (6,9%) occupaient la quatrième place après la maladie hémorroïdaire (45,6%), les anites (21,1%) et les fissures (13,9%). Elles regroupaient les cancers du rectum (4,2%) et les cancers de l'anus (2,7%). Vingt cancers anorectaux ont été histologiquement confirmés parmi lesquels l'adénocarcinome était le type histologique le plus retrouvé avec 17 cas. Les tumeurs malignes, quatrième affection anorectale la plus fréquente au cours de notre étude, constituent une préoccupation du fait de leur fréquence croissante, leur diagnostic souvent tardif et les difficultés liées à leur prise en charge surtout dans nos pays avec une population à faible revenu. La sensibilisation de la population et la prescription plus large de l'endoscopie digestive basse devraient permettre une meilleure prise en charge des patients.

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